SACRED

ANDRÉ DURAND Twenty-First Century Paintings

SAINT BLASÉ AND THE WIDOW by André Durand (2009) (sacred)

SAINT BLASÉ AND THE WIDOW

2009

Dimensions: 78 x 71 cm

Oil on linen

sacred

Sources

“Another woman there was that was poor which had a swine, which the wolf had borne away, and she humbly prayed to Saint Blase that she might have again her swine. And he began to smile and said: Good woman anger thee not, for thou shalt have again thy swine, and anon the wolf brought again to the woman, which was a widow, her swine”.


Pietro di Sano
http://www.wga.hu/index1.html

The Life of Saint Blasé from The Golden Legend
http://www.catholic-forum.com/saints
/golden165.htm

Compiled by Jacobus de Voragine,1275.
Translated by William Caxton, 1483.

Saint Blasé et Veuve par André Durand

En puisant son inspiration dans les textes de la Légende dorée, André Durand vient de présenter sa nouvelle peinture illustrant la personne de Saint Blaise. Sa vision spontanée qui relève d’un des aspects de ce récit légendaire le rafraîchit et rend accessible au spectateur du XXIe siècle.
Durand figure le saint, originairement évêque de Sébasté en Pontos, une localité aux confins de Cappadocie et Arménie, qui subit son martyre en 283 d’après Jacobus de Voragine, ou selon la plupart des autres textes, encore plus tard, en 316, donc une date postérieure à la Paix d’Eglise qui n’a pas eu été appliquée qu’avec du retard dans certaines régions de l’Orient romain. La fête, coïncidant comme dans presque tous les cas des fêtes des saints martyres chrétiens avec la date de leur mort, tombe le 3 février.
La foi, l’amour de l’autrui et la joie émanent de cette peinture fraîche et agréable. Grâce à sa composition elle est parfaitement intelligible. C’est la composition qui mérite attention car elle rappelle l’iconographie paléochrétienne. Inconsciemment, la créativité de l’artiste esquisse le schème et les attitudes typiques par lesquelles les chrétiens de l’antiquité exprimaient des miracles de la foi. Les deux protagonistes sont représentés frontalement et leur attitude rappelle celle des orants. Ainsi la composition devient concise et efficace. Le buste de la veuve émergeant au premier plan nous fait penser aux orantes féminines connues des peintures des catacombes. La pauvre femme qui a pu grâce à la prière de Saint-Blaise récupérer son bien unique consistant dans un porc qui avait été emporté par un loup, témoigne du miracle en soulevant, dans ses mains, deux petits gorets tandis que d’autres porcs en nombre plus relevé se situent au fond et accostent les deux personnages. Leur amplification représente un détail pittoresque et fait penser aux attributs définissant le sens concret des symboles paléochrétiens tels que les miracles du Christ etc. Telle est d’ailleurs une apparition du loup au même niveau. Latéralement, on pourrait penser même à une allusion à un sacrifice païen qui voulait apaiser les forces du mal en leur présentant une offrande. Mais ce sens est éliminé par la figure du Saint Blaise en costume ecclésiastique qui couronne la scène. C’est en bénédiction liturgique que s’est transformé le geste d’orant primitif caractérisant un saint (cf. Tertullien, De oratione 15 : « …sanctos orantes… ».
Son caractère d’un homme âgé avec un large sourire bienveillant fait penser à sa profession primitive – celle d’un médecin occupé à soulager des maux, concrètement les maux du cou auxquels se rapporte la bénédiction symbolisée par imposition de deux bougies croisées faisant partie de la liturgie chrétienne à l’occasion de la fête de Saint-Blaise.
De ces caractéristiques possibles du saint, André Durand a choisi celle qui nous est proche par son humeur et caractère doux et aimable. Il a crée une peinture chrétienne moderne et profondément humaine. L’effet de ce raccourci savant et la frontalité des motifs principaux sont surprenants et cette image possède tous les trais pour devenir paradigmatique. Les motifs secondaires représentés en tant qu’attributs se substituent aux éléments narratifs du texte littéraire par lequel la légende nous est parvenue. C’est la situation et son résultat transposés par le sentiment et le savoir-faire d’un artiste qui est parfaitement capable de pénétrer dans le thème et le transposer en une image simple et parfaitement efficace. Voilà, une peinture moderne basée sur l’hagiographie chrétienne qui peut avoir un impact sur l’homme moderne de XXIe siècle de la même façon qu’elle aurait eu exercé sur le chrétien de l’antiquité tardive ou du Moyen âge quand cette légende a été florissante.

Marie Pardyová PhD

Département pour l’archéologie classique
et paléochrétienne
Université de Brno, République Tchèque